Le graphisme libre à l’honneur au Grafik Labor 2016

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Première conférence 100% francophone sur les logiciels libres en graphisme, Grafik Labor a réuni à Rennes des férus de création libre en juillet dernier.

En tant qu’intégrateur web œuvrant dans le libre, il faut parfois faire des compromis avec les designers sur le choix d’applications dans la création de maquettes. La grande majorité des designers travaille avec des logiciels propriétaires, nous obligeant ainsi d’avoir accès à ces mêmes logiciels. Certaines applications libres sont compatibles mais pas toutes. Heureusement, il y a un effort soutenu pour continuer d’améliorer les logiciels libres en graphisme. Un effort que je suis allé observer de plus près cet été lors d’une conférence dédiée aux outils et aux productions libres de graphisme et de création visuelle.

C’est à Rennes, la porte d’entrée de la Bretagne, que se sont réunis des passionnés de logiciels libres de graphisme pour la première conférence intitulée Grafik Labor. Organisé par l’Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL)*, la conférence a pour but de réunir des professionnels du graphisme qui œuvrent avec des logiciels libres et les développeurs qui y contribuent.

Elisa de Castro Guerra et Cédric Gémy, organisateurs de l’événement, participent depuis longtemps aux conférences Libre Graphics Meeting (LGM), principale rencontre internationale autour du graphisme libre. Grafik Labor nous offre donc une conférence dans le même esprit que LGM, 100% en français, dans les bureaux de ActivDesign au coeur de Rennes.

Scribus  et Blender sous la loupe

La conférence a débuté avec des présentations à propos de Scribus, un logiciel de publication sur ordinateur de bureau. Contrairement aux présentations de logiciels propriétaires, celles du libre n’ont rien à vendre. On assiste donc à une discussion franche et spontanée. Le premier présentateur, Ale, témoigne ouvertement des forces et des faiblesses du logiciel. La version stable, date un peu, certes, mais elle est tout de même plus simple à utiliser en production, alors que la version instable offre plus de fonctionnalités, même si, en contrepartie, elle contient plus de bogues.
Selon Ale, bien que Scribus puisse faire tout ce dont on a besoin pour faire de la mise en page, l’outil n’est pas encore aussi rapide que son alternative propriétaire. En revanche, si l’on souhaite éviter les contraintes de logiciels propriétaires, Scribus peut nous permettre de réaliser des produits de qualité, comme le prouve la seconde présentation.

L’équipe de Gargarismes, un journal local indépendant, est venue nous présenter leur publication montée entièrement avec Scribus. La présentation graphique éclatée à la une de leur journal démontre clairement les possibilités qu’offre cet outil entre les mains d’esprits créatifs. Gargarismes se décrit comme « un canard de critique sociale rennais ». La publication a deux ans, prouvant les capacités de cette application dans un contexte de production. Scribus leur permet de réaliser leur vision pour le numéro en cours, de produire un fichier en format PDF qui vectorise tous les textes afin de permettre à l’imprimeur de livrer un produit fidèle au fichier original.

The Encounter, court-métrage du collectif toulousain RGBa

Blender était impossible à manquer lors du Grafik Labor. Les présentations sur cette application nous en ont mis plein la vue! Outre la diffusion d’un court métrage et d’ exemples tangibles d’impression 3D, il y a eu une démonstration en direct d’un jeu vidéo. De plus, une seconde salle était réservée à des ateliers de perfectionnement sous la tutelle des experts. Blender compte parmi des logiciels les plus connus du graphisme libre, cependant peu de gens le maîtrisent. Il reste toujours quelque chose à découvrir dans ce véritable couteau suisse de la 3D. Plus connu comme un outil de production cinématographique 3D, il permet aussi de concevoir des jeux vidéo. On peut également créer des objets de tout genre, prêt pour l’impression 3D. Non seulement cette application permet de réaliser des projets en tout genre, mais son interface sert souvent de modèle pour d’autres applications graphiques.

Des outils libre au service des créateurs

Il fut intéressant pour moi de voir les différents niveaux de connaissances techniques des participants à Grafik Labor. Les développeurs apprenaient à mieux comprendre comment les utilisateurs se servent de leurs applications, les utilisateurs apprenaient à leur tour comment contribuer à l’amélioration des logiciels en les testant et en rédigeant des rapports de bogue. Dans cet esprit, les développeurs ont besoin de savoir quelles sont les nouvelles fonctionnalités nécessaires aux utilisateurs afin que ces derniers réalisent leurs travaux de manière optimale. Chaque personne impliquée dans l’écosystème de la création d’applications y apporte son grain de sel.

En pratique, ce n’est pas toujours aussi rose. Quelquefois, les différences entre les personnes, les conflits entre des personnalités peuvent pousser certains à cesser leur participation à un projet. Les artistes qui tentent d’apprendre à coder ont souvent une bonne courbe d’apprentissage avant de pouvoir fournir des lignes de programmation prêtes pour la production. Or, certains développeurs n’ont pas nécessairement la patience pour aider ces néophytes en programmation. De l’autre côté du miroir, les développeurs créent des interfaces visuelles qui ne sont pas perçues comme à la fine pointe du design et ces interfaces peuvent être vues avec dédain par ceux qui sont justement habitués à un design moderne. C’est avec persévérance, patience et compassion que nous allons relier ces deux entités et ainsi mettre en valeur nos forces en tant que communauté pour nous surpasser.

Si les logiciels libres en graphisme agissent comme catalyseurs, la finalité de leur utilisation réside dans la création, l’imagination, et le fruit du travail de tous. Le meilleur moment de cet atelier, c’est la fin de la journée dans les locaux d’ActivDesign, lorsque les lumières s’éteignent et tous les yeux sur l’écran sont rivés, pour visionner une collection de films produits entièrement à l’aide de logiciels libres.

L'équipe de Grafik Labor, 2016
Grafik Labor 2016
L'AFGRAL
L'Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL) est connue principalement pour ses formations et ses multiples publications de documentation sur diverses applications libres, souvent développées durant des sprints réguliers rassemblant une équipe de passionnés.

SVG Summit 2016: plein feu sur le format vectoriel ouvert SVG

Affiche Web du SVG Summit 2016Le SVG est une bibite rare! À la fois code et image, il peut être léger (comme le logo de Google dont une variante mobile ne pèse que 305 bytes!) mais aussi très chargé, soit plusieurs Mo. Il peut être interactif ou statique et n’a pas de résolution fixe. On peut le visionner dans un navigateur ou dans un logiciel graphique… On en vient à se demander ce que ça mange en hiver!

En janvier dernier, pour en savoir plus, j’ai assisté à la toute première conférence en ligne sur le sujet, organisé par Environments for Humans  : Le SVG Summit 2016. La liste des présentateurs était un heureux mélange d’illustrateurs, d’animateurs et d’intégrateurs. Ils ont tous parlé de l’usage qu’ils font du SVG dans le cadre de leurs pratiques respectives.

▶ Suite : Introduction au SVG


Conclusion

Après 15 ans d’existence, le SVG reçoit enfin l’attention qu’il mérite. L’avenir de cette technologie aujourd’hui implémentée dans tous les navigateurs modernes est prometteur. Elle continuera de nous en mettre plein la vue dans les années à venir.