FOSDEM 2017 : nos impressions

Un amphithéâtre plein à craquer lors de la conférence principale sur les Kubernetes

Cette année, nos envoyés spéciaux au FOSDEM étaient 5. Soizik, Cécile, Clément, Adrien et Andreas nous livrent leurs impressions, leurs coups de cœurs et leurs découvertes.


Soizik Froger, chef de projet

– Plongé : dans mon 1er FOSDEM. Ce fut une super expérience, avec un seul regret : ne pas avoir le don d’ubiquité ! Un sacré bain de techno, de passionnés et une belle leçon d’humilité face au niveau des intervenants !

– Préféré : la conférence du petit «frenchy» Matthieu Totet sur le cycle « graph » : un travail passionné et passionnant sur son module Gephy de suivi en temps réel de l’activité Twitter, ou comment saisir le potentiel fantastique de cette technologie!

– (Presque) pleuré de joie : lors de la séance de Q&A avec le Governing board OpenJDK Java : Mark Reinhold, Mario Torre, Andrew Haley, Georges Saab & Doug Lee (embedded). J’ai volé une photo devant laquelle je me prosternai chaque soir jusqu’au prochain FOSDEM.

Mark Reinhold, Mario Torre, Andrew Haley, Georges Saab & Doug Lee (en téléconférence).

– Décerné : la palme du meilleur orateur pour Christian Thalinger pour son benchmark du Compiler JIT Graal sur les services Twitter car j’ai tout compris et je ne pense pas que cela vienne de moi !

– Découvert : ce qui se cache sous le capot de Ring. On a assisté à un bel échange technique autour de l’architecture et à une immense vague d’enthousiasme pour ce projet ambitieux et modulable ! Bravo à l’équipe !


Cécile Delépine, directrice générale déléguée Europe

– Sauté à pieds joints : dans mon premier FOSDEM. Ce fut une super occasion de rencontrer l’écosystème dans un environnement à la fois détendu et très professionnel.

– Surveillé : l’orchestration de containers avec Kubernetes, la communauté Open Source qui croît plus rapidement en ce moment. Le FOSDEM est l’endroit idéal pour faire de la veille technologique, que je ne fais pas comme une ingénieure mais comme une développeuse d’affaires.

– Fait à savoir : le FOSDEM, c’est aussi l’occasion pour recruter (nous avons investi le job corner avec nos offres au Canada et en France !), faire connaître Savoir-faire Linux aux jeunes, moins jeunes et surtout donner envie aux talents de nous rejoindre. La conférence Ring y a bien sûr contribué mais aussi l’implication de Clément avec LemonLdap et notre présence sur le stand OW2.

– Entendu parler : la conférence Mozilla: What motivates the open source community? par Rina Jensen, dont les conclusions devraient être partagées.

Beaucoup de lecture en perspective !

– Décerné : le Prix spécial pour moi revient à Software Heritage, un projet porté par Roberto Di Cosmo (INRIA, membre du GTLL Systematic). Le code source de nos projets sont un COMMUN, il doit à ce titre être accessible par tous et centralisé dans une archive qui ne dépend pas d’une solution ou d’une autre (Github, Bitbucket…) .

– Dévoré : Je suis repartie avec How Linux works? et je viens de finir le chapitre 2 🙂

Clément Oudot, expert infrastructure et sécurité

– Représenté : le projet LemonLDAP::NG. J’ai pu ainsi échanger avec les communautés FusionDirectory et Spoon. La présence d’un stand OW2 pour la première année démontre que ce consortium n’est pas qu’orienté Entreprise mais est bien également un acteur communautaire.

– Enchanté : par l’affluence. Entre le kiosque Perl et la devroom bien fournie le dimanche, c’est un plaisir de sentir que ce langage attire encore du monde !

– Croisé : beaucoup de connaissances travaillant dans d’autres communautés, comme Framasoft, XMPP, OpenStack, VLC, PHP, etc.

Notre équipe France au kiosque OW2 : Clément Oudot (c), Cécile Delépine et Soizik Froger
Sous le capot de Ring avec Adrien Béraud et Andreas Traczyk

Adrien Béraud, ingénieur système projet Ring

– Excité : par ce vivier d’échanges enrichissants. Ce fut très excitant, émulant. Nous avons rencontré plein de gens avec des projets intéressants. Il y avait tellement de monde, près 8000 personnes sur les deux jours.

– Marqué : par l’intérêt du public lors de la conférence de Ring l’année dernière, les gens découvraient Ring. Cette année, ils cherchaient à en savoir plus sur la technologie autour du logiciel. D’où des échanges très intéressants dans une salle trop petite pour accueillir tout ce monde intéressé par notre solution. On observe une demande croissante pour les systèmes de communication distribués.

– Écouté : Alok Anand, qui a présenté le module dédié à Ring pour Telepathy. Il l’a développé dans le cadre de Google Summer of Code, avec l’appui de Savoir-faire Linux.

Andreas Traczyk, développeur projet Ring

– Débarqué : à mon premier FOSDEM. Venant de Montréal, j’ai été servi. Cela a dépassé mes attentes. Il y avait vraiment beaucoup de participants, de gens brillants, ce fut assez intense!

Il y avait du monde à la présentation de Ring !

– Impressionné : par la participation à la conférence de Ring. Malgré le peu de temps imparti, nous avons été bien reçus, les questions du public ont été stimulantes, en sachant que d’autres personnes n’ont pas pu assister à notre présentation, faute de place ! J’espère que nous aurons plus de temps l’année prochaine.

– Regretté : de ne pas avoir eu assez de temps pour parler de Ring !

– Assisté : à la très bonne présentation de Daniel Pocock sur le socio-financement (crowdfounding) de projets dans notre domaine.

 

Le graphisme libre à l’honneur au Grafik Labor 2016

logo2016grafiklabor

Première conférence 100% francophone sur les logiciels libres en graphisme, Grafik Labor a réuni à Rennes des férus de création libre en juillet dernier.

En tant qu’intégrateur web œuvrant dans le libre, il faut parfois faire des compromis avec les designers sur le choix d’applications dans la création de maquettes. La grande majorité des designers travaille avec des logiciels propriétaires, nous obligeant ainsi d’avoir accès à ces mêmes logiciels. Certaines applications libres sont compatibles mais pas toutes. Heureusement, il y a un effort soutenu pour continuer d’améliorer les logiciels libres en graphisme. Un effort que je suis allé observer de plus près cet été lors d’une conférence dédiée aux outils et aux productions libres de graphisme et de création visuelle.

C’est à Rennes, la porte d’entrée de la Bretagne, que se sont réunis des passionnés de logiciels libres de graphisme pour la première conférence intitulée Grafik Labor. Organisé par l’Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL)*, la conférence a pour but de réunir des professionnels du graphisme qui œuvrent avec des logiciels libres et les développeurs qui y contribuent.

Elisa de Castro Guerra et Cédric Gémy, organisateurs de l’événement, participent depuis longtemps aux conférences Libre Graphics Meeting (LGM), principale rencontre internationale autour du graphisme libre. Grafik Labor nous offre donc une conférence dans le même esprit que LGM, 100% en français, dans les bureaux de ActivDesign au coeur de Rennes.

Scribus  et Blender sous la loupe

La conférence a débuté avec des présentations à propos de Scribus, un logiciel de publication sur ordinateur de bureau. Contrairement aux présentations de logiciels propriétaires, celles du libre n’ont rien à vendre. On assiste donc à une discussion franche et spontanée. Le premier présentateur, Ale, témoigne ouvertement des forces et des faiblesses du logiciel. La version stable, date un peu, certes, mais elle est tout de même plus simple à utiliser en production, alors que la version instable offre plus de fonctionnalités, même si, en contrepartie, elle contient plus de bogues.
Selon Ale, bien que Scribus puisse faire tout ce dont on a besoin pour faire de la mise en page, l’outil n’est pas encore aussi rapide que son alternative propriétaire. En revanche, si l’on souhaite éviter les contraintes de logiciels propriétaires, Scribus peut nous permettre de réaliser des produits de qualité, comme le prouve la seconde présentation.

L’équipe de Gargarismes, un journal local indépendant, est venue nous présenter leur publication montée entièrement avec Scribus. La présentation graphique éclatée à la une de leur journal démontre clairement les possibilités qu’offre cet outil entre les mains d’esprits créatifs. Gargarismes se décrit comme « un canard de critique sociale rennais ». La publication a deux ans, prouvant les capacités de cette application dans un contexte de production. Scribus leur permet de réaliser leur vision pour le numéro en cours, de produire un fichier en format PDF qui vectorise tous les textes afin de permettre à l’imprimeur de livrer un produit fidèle au fichier original.

The Encounter, court-métrage du collectif toulousain RGBa

Blender était impossible à manquer lors du Grafik Labor. Les présentations sur cette application nous en ont mis plein la vue! Outre la diffusion d’un court métrage et d’ exemples tangibles d’impression 3D, il y a eu une démonstration en direct d’un jeu vidéo. De plus, une seconde salle était réservée à des ateliers de perfectionnement sous la tutelle des experts. Blender compte parmi des logiciels les plus connus du graphisme libre, cependant peu de gens le maîtrisent. Il reste toujours quelque chose à découvrir dans ce véritable couteau suisse de la 3D. Plus connu comme un outil de production cinématographique 3D, il permet aussi de concevoir des jeux vidéo. On peut également créer des objets de tout genre, prêt pour l’impression 3D. Non seulement cette application permet de réaliser des projets en tout genre, mais son interface sert souvent de modèle pour d’autres applications graphiques.

Des outils libre au service des créateurs

Il fut intéressant pour moi de voir les différents niveaux de connaissances techniques des participants à Grafik Labor. Les développeurs apprenaient à mieux comprendre comment les utilisateurs se servent de leurs applications, les utilisateurs apprenaient à leur tour comment contribuer à l’amélioration des logiciels en les testant et en rédigeant des rapports de bogue. Dans cet esprit, les développeurs ont besoin de savoir quelles sont les nouvelles fonctionnalités nécessaires aux utilisateurs afin que ces derniers réalisent leurs travaux de manière optimale. Chaque personne impliquée dans l’écosystème de la création d’applications y apporte son grain de sel.

En pratique, ce n’est pas toujours aussi rose. Quelquefois, les différences entre les personnes, les conflits entre des personnalités peuvent pousser certains à cesser leur participation à un projet. Les artistes qui tentent d’apprendre à coder ont souvent une bonne courbe d’apprentissage avant de pouvoir fournir des lignes de programmation prêtes pour la production. Or, certains développeurs n’ont pas nécessairement la patience pour aider ces néophytes en programmation. De l’autre côté du miroir, les développeurs créent des interfaces visuelles qui ne sont pas perçues comme à la fine pointe du design et ces interfaces peuvent être vues avec dédain par ceux qui sont justement habitués à un design moderne. C’est avec persévérance, patience et compassion que nous allons relier ces deux entités et ainsi mettre en valeur nos forces en tant que communauté pour nous surpasser.

Si les logiciels libres en graphisme agissent comme catalyseurs, la finalité de leur utilisation réside dans la création, l’imagination, et le fruit du travail de tous. Le meilleur moment de cet atelier, c’est la fin de la journée dans les locaux d’ActivDesign, lorsque les lumières s’éteignent et tous les yeux sur l’écran sont rivés, pour visionner une collection de films produits entièrement à l’aide de logiciels libres.

L'équipe de Grafik Labor, 2016
Grafik Labor 2016
L'AFGRAL
L'Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL) est connue principalement pour ses formations et ses multiples publications de documentation sur diverses applications libres, souvent développées durant des sprints réguliers rassemblant une équipe de passionnés.

Ring, paquet officiel GNU

GNU logologo Ring

Depuis le mois d’octobre, Ring est officiellement un paquet GNU à la suite de son intégration dans le projet GNU.

Distribué sous licence GPLv3, Ring est un logiciel libre pour communiquer de multiples façons entre ses utilisateurs. C’est à la fois un téléphone, une station de conférence, une plate-forme d’échanges et de partage multimédia, un lien vers les objets connectés, le tout dans un univers où la liberté et la sécurité vont de pair. Fonctionnant sur un réseau distribué et chiffré de bout en bout, Ring tend à offrir une haute protection de la confidentialité et de la vie privée des utilisateurs.

Au milieu des années 2000, Savoir-faire Linux a démarré un projet intitulé SFL Phone. Ce projet a ensuite évolué pour bifurquer en un autre : Ring. Ce changement d’orientation est marqué par des étapes importantes, notamment le passage d’un protocole SIP à celui de l’OpenDHT en 2014, permettant une communication décentralisée sur le mode pair à pair. Le paquet GNU constitue une nouvelle aventure pour le projet et le mouvement du logiciel libre.

Grâce aux contributions extérieures, l’équipe de Savoir-faire Linux a développé au fil des mois une version bêta 2, qui s’inscrit parfaitement dans la philosophie du logiciel libre. Au-delà du code, Ring a noué des liens entre l’équipe de développement et les universités locales partenaires telles que l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), l’École Polytechnique de Montréal et l’École de Technologie Supérieure (ÉTS), où est sise la Maison du Logiciel Libre.

Nous voulons remercier ici tous nos contributeurs qui nous ont révélé les failles du projet et aidé à améliorer les aspects techniques de ce projet audacieux.

https://ring.cx