Accord historique entre Red Hat et Microsoft

Logos Red-Hat et MicrosoftEn négociation depuis des mois, l’annonce du rapprochement de Microsoft et Red Hat vient d’être annoncé le 4 novembre. Il s’agit d’une entente que l’on peut qualifier d’historique. Elle annonce de grands changements dans l’écosystème informatique mondial et aura des impacts significatifs dans de nombreuses entreprises, au Québec et ailleurs.

OpenStack : votre infrastructure est-elle 2015?

Logo OpenStack KiloLa nouvelle version d’OpenStack est sorti le 30 avril 2015. Elle se nomme Kilo. Avec 20 millions de lignes de code, 23 756 membres et près de 500 compagnies engagés dans le projet dans 162 pays, OpenStack est en 2015 la référence en matière d’infonuagique privée (voir mes billets précédents).

Vous en doutez?

Vous êtes sans doute passé à côté de l’annonce de PaypalGood Bye VMware, Hello OpenStack!») qui a migré toute son infrastructure, ou celle de Walmart, qui a annoncé passer 100 000 machines sous IaaS. Ces entreprises rejoignent ainsi eBay, AT&T, American Express, Sony, Time Warner Cable, BMW, Disney Studio, Best Buy, Blomberg, Comcast et de nombreux autres (vous trouverez une liste non exhaustive ici). Même si les Canadiens sont discrets jusqu’à présent, des projets émergent au sein d’institutions fédérales et québecoises, de banques ainsi que de nombreux hébergeurs. À noter que des entreprises comme Ubisoft, iWeb, OVH sont des utilisateurs affichés de cette solution infonuagique sur notre territoire.

Vous en doutez encore? Venez faire un tour au prochain OpenStack Summit à Vancouver! Vous pourrez vous faire ainsi votre propre idée.

Pourquoi un tel succès?

Des API standards qui évitent le « lock-in »

L’engouement pour OpenStack n’est pas uniquement dû aux utilisateurs finaux. Globalement, c’est toute l’industrie qui se tourne aujourd’hui vers cette solution. En tête, nous retrouvons HP,Cisco, Red Hat, IBM et… VMware (neuvième contributeur de cette version)!

Pourquoi? Simplement, parce qu’OpenStack offre des API standards qui permettent de l’utiliser comme un outil de communication entre le matériel, les logiciels de production et les applications finales. Une fois le travail réalisé, vos infrastructures et logiciels seront capables d’utiliser n’importe quelles solutions matérielles et logicielles du marché, voire de communiquer avec les hébergeurs en mode infrastructure hybride. Chantiers qu’il est historiquement très difficile de réaliser avec VMware, même si de nombreux progrès sont en cours notamment grâce… à OpenStack on VMware!

Du vrai DevOps!

OpenStack, c’est DevOps — c’est-à-dire comment transformer votre infrastructure en plate-forme de services pour les équipes de développement tout en maintenant un niveau élevé d’exigence sur vos ressources matérielles et logicielles. Je vous invite à relire cet article pour mieux comprendre : Infonuagique privée : la flexibilité d’Amazon à un coût réduit avec OpenStack

Les coûts faibles notamment en environnement Linux

En effet, que vous choisissiez une version communautaire ou celle du chef de file en la matière, Red Hat, une infrastructure service OpenStack a un coût inférieur pour plusieurs raisons :

  1. Tous les outils déployés via la plate-forme sont des logiciels libres, donc gratuits pour la plupart,
  2. Avec une version entreprise, vous disposez d’une souscription par serveur physique avec des environnements virtuels illimités, ce qui réduit vos coûts, notamment si vous utilisez Linux. Allons même plus loin : ce serait quasiment un non-sens de ne pas utiliser OpenStack pour des serveurs Linux!
  3. Vous gagnez du temps dans la gestion de votre infrastructure, dans le déploiement et dans les mises à jour.

Encore une fois je vous invite à essayer la solution et vous faire vous-même votre idée!

Et cette nouvelle version alors?

Maintenant que j’ai aiguisé votre intérêt, que nous réserve cette nouvelle version sortie le 30 avril 2015, la onzième depuis la création du projet en 2010?

  • Une plus grande stabilité et élasticité à travers les services de base OpenStack, nouvellement redéfinis.
  • La première version complète du service de bare metal, un composant nommé Ironic, pour l’approvisionnement de services nécessitant un accès direct au matériel.
  • Des normes d’essai plus rigoureuses pour assurer la cohérence de plus de 100 pilotes et extensions.
  • Le support des suppressions de code au niveau du stockage en mode objet afin de garantir la résilience de l’application en cas d’erreur.
  • Une amélioration de la fédération d’identité pour facilité l’utilisation en mode hybride et « multi-cloud ».
  • Une meilleure intégration des technologies telles que les DNS ou les conteneurs logiciels.

Pour la liste complète des améliorations, consultez les notes de versions.

L’un des enjeux majeurs d’OpenStack, dans cette version et celle à venir, c’est le NFV (virtualisation des fonctions de réseau) permettant de déployer une infrastructure 100 % virtuelle avec un niveau de complexité élevé, comme c’est le cas dans les télécommunications. Les acteurs contribuant à améliorer cette partie sont d’ailleurs AT&T, Amdocs, Orange, mais aussi Cisco, Brocade, etc.

Et votre infrastructure? Est-elle 2015?

À bientôt! 😉

Jonathan

Logiciel libre : une gouvernance en 5 étapes

Câbles RJ45 dessinant le mot 'open'Dans mon précédent billet, j’ai discuté de la notion de gouvernance informatique et de ses implications stratégiques. Le choix des technologies, entre autres, repose sur plusieurs éléments : l’application est-elle compatible avec l’existant? Quelles sont les évolutions qui sont envisagées dans le futur – infonuagique, intégration continue, agilité? La solution sera-t-elle compatible avec ces évolutions et à quels coûts?

Une fois que ces critères ont été déterminés, la sélection de l’application sur une base de fonctionnalités commence. De plus en plus, ce choix comprend des logiciels libres, dont de nombreux sont de nature communautaire, c’est-à-dire sans éditeur adossé. Nous voilà donc face à un dilemme : comment peut-on profiter des avantages du logiciel libre en minimisant le risque? En d’autres mots : quelle est la meilleure stratégie en matière de gouvernance d’un logiciel libre?

Mise en place d’une gouvernance simple : l’approche DILEC

La gouvernance d’un logiciel libre communautaire peut se résumer en un simple acronyme, soit « DILEC » :

  • Discuter – ouvrir le dialogue avec la communauté, poser des questions
  • S’Impliquer – être présent et apporter de nouvelles perspectives
  • Libérer son code – reverser ses contributions
  • Escorter – permettre l’utilisation du code via la documentation
  • Communiquer – maintenir le dialogue

Pour éclaircir ces différents points, je vous suggère de lire ce témoignage de Sébastien Coavoux, un professionnel du logiciel libre, qui explique comment il a travaillé à l’intégration de l’outil de supervision Shinken au sein d’une grande société de transport urbain du Québec.

Discuter

« La première étape du processus a été la réalisation d’une preuve de concept. La preuve de concept est une étape primordiale dans l’utilisation de la solution. De façon générale, elle est intéressante dans le domaine de l’open source, car elle permet les premiers contacts avec la communauté.

En effet, lors de la prise en main d’une solution par des intégrateurs, le premier réflexe est de se tourner vers la documentation pour trouver de l’aide. Malheureusement, elle peut être incomplète, ce qui était vrai dans notre cas. Les intégrateurs se sont alors tournés alors vers les moyens de communication pour avoir de l’aide de la communauté : listes de diffusions, IRC, site du projet… Le contact était ainsi établi. »

S’impliquer

« La preuve de concept a permis d’en faire davantage, soit la remontée et la correction de défauts de programmation dans le logiciel. C’est un nouveau pas vers la communauté pour les intégrateurs et de facto un bénéfice pour le logiciel.

La présence a aussi été un avantage pour la société voulant utiliser Shinken : c’est un moyen de s’assurer une certaine pérennité de la solution. L’ajout de fonctionnalité ou correction de bogue permet d’alimenter le projet et, dans le cas de cet exemple, le stabiliser. »

Libérer son code

« Mais pour que le projet soit alimenté, il faut que les sources soient réversibles et reversées. Certaines modifications ne peuvent pas s’ajouter à la base de code existante, car elles sont trop spécifiques. Il faut alors trouver une façon de rendre ces contributions profitables à tout le monde. »

« Le processus peut être long, mais il vaut la peine, car maintenir un patch non appliqué dans les sources du projet est souvent beaucoup plus couteux qu’on peut l’imaginer.

« Le cas étudié ici permet d’autres contributions que simplement du code. Le domaine d’utilisation du logiciel – la supervision – permet un partage de connaissances : par exemple, la manière de superviser d’un équipement spécifique. Les sondes de supervision ainsi que leurs configurations sont partageables avec quelques précautions, comme la suppression d’identifiants clients. »

Escorter

« Cependant, ces contributions spécifiques impliquent un accompagnement. Les sondes de supervision représentent la technique à l’état pur. Il est souvent difficile d’utiliser une sonde sans avoir de connaissances techniques préalables. Or, ces contributions doivent être maitrisées à un minimum par l’utilisateur pour en profiter, car ce sont des outils. La problématique ici est de faciliter l’apprentissage de ces contributions et de faciliter l’accès.

« Une solution qui facilite l’apprentissage est la réalisation d’une documentation. Concernant l’accessibilité, la solution qui semble meilleure est la mise à disposition de paquets pour différentes distributions Linux. Une installation par un système de gestionnaire de paquets est toujours préférable à une installation manuelle. »

Communiquer

« Vient alors le temps de la communication sur les contributions et de l’implication dans le logiciel. Elle permet de mettre en avant les nouveautés du logiciel et donc son activité. De cette mise en avant peut résulter de nouveaux utilisateurs du logiciel. Enfin, d’un point de vue la société contributrice, il est évident que cela est un retour positif », conclut Sébastien Coavoux.

Prêt pour le futur?

Le témoignage de Sébastien est moderne en beaucoup de points — c’est normal, puisqu’il a 25 ans. Les notions d’agilité, d’ouverture et d’échange sont naturelles pour sa génération… Pourtant, ce modèle est au fondement de l’informatique depuis les années 60.

Voilà donc un élément supplémentaire dans votre décision en faveur des logiciels libres : attirer au sein de votre organisation les fameuses générations Y et Z.

Et vous, êtes-vous prêt pour le futur ?

Gouvernance SI : structure d’appui ou pilier de la compétitivité?

Colonnade antiqueChaque organisation a un historique en matière d’informatique. Le système d’information est le fruit de choix technologiques qui ont été effectués sur une période plus ou moins importante.

On peut se représenter le système d’information sous la forme de couches technologiques qui ont été superposées au fil des différentes périodes d’évolutions techniques, à l’instar des couches géologiques ayant forgé, au fil du temps, l’écorce terrestre. Chacune de ces périodes apporte des éléments considérés comme innovants, qui viennent soit se superposer aux anciens éléments, soit les remplacer. Chaque couche technologique complexifie ainsi le système d’information.

Système d’information : une réalité complexe

La gouvernance du système d’information (gouvernance SI ou IS governance, en anglais) consiste à établir le rôle et les missions du système d’information au sein de la stratégie de l’entreprise. Cette démarche permet de définir la manière dont le système d’information contribue à la création de valeur et précise le rôle des différents acteurs. IL s’agit d’un processus permanent.

En effet, si le référentiel de temps est basé sur le millénaire en géologie, en informatique il s’agit plutôt de phases de trois à cinq ans. Les « révolutions » informatiques se sont enchaînées à un rythme effréné au cours des 30 dernières années.

Le système d’information est ainsi le fruit de l’histoire de l’organisation, de ses investissements technologiques passés, mais aussi de son secteur d’activité et des relations particulières qu’elle entretient avec les autres acteurs de réseau professionnel. Chaque entreprise se dote d’un agencement propre qui donne à son SI sa dimension spécifique. Tout système d’information est donc à la fois unique et complexe.

Du support de l’action au gain de compétitivité

Si toutes les organisations utilisent aujourd’hui les outils informatiques, cependant elles ne le font pas toutes avec la même intensité. Certaines considèrent l’informatique comme un simple support à l’action, alors que d’autres en font un outil central – et cela, indépendamment du secteur d’activité.

La perception des acteurs internes, et notamment celle de la direction, est primordiale. Elle va en effet conditionner le rôle plus ou moins stratégique qui est joué par le système d’information. Ce positionnement va affecter directement la performance du SI et sa participation aux résultats de l’entreprise.

Couches géologiques dans le Grand Canyon

Pour comprendre les enjeux du système d’information, il convient donc de s’interroger sur la perception de celui-ci par les acteurs de l’entreprise, notamment les dirigeants. Certains acteurs vont considérer le SI comme l’expression d’une stratégie d’entreprise permettant de développer un avantage concurrentiel important.

A l’inverse, d’autres vont relativiser son impact et considéreront que si le SI contribue bien à la performance de l’entreprise, il reste avant tout un outil, un facilitateur et non un créateur de richesses.

Illustration du concept de l’information dans l’organisationAinsi, les choix technologiques peuvent faire la différence et favoriser le leadership dans des secteurs particulièrement sensibles au traitement de l’information. Le commerce en ligne, par exemple, se base sur une gestion de la logistique et de l’ensemble des éléments nécessaires à l’achat sur Internet qui nécessitent une infrastructure informatique qui est importante et spécifique. L’avantage concurrentiel se fonde alors en partie sur une organisation particulièrement efficace et singulière du SI.

Si certaines entreprises, comme Amazon ou Rue du Commerce, dépendent totalement de leurs choix technologiques, il ne s’agit cependant que de cas isolés. La plupart des entreprises utilisent des outils standards et cherchent avant tout à se prémunir contre le risque technologique.

Cette logique de normalisation n’est pas sans fondement, mais elle tend à annuler le facteur différenciateur du SI dans la performance. Dans cette optique, une entreprise ne recourt aux SI que pour en retirer un service dans un objectif purement organisationnel, comme elle le fait avec l’électricité ou le téléphone.

Des enjeux transversaux à maîtriser

Au final, dans la majorité des situations, les SI sont des supports à l’activité de l’entreprise et doivent permettre la réalisation de ses objectifs. Ils sont des leviers technologiques qui permettent d’améliorer la performance de l’entreprise et qui s’articulent avec l’ensemble des dimensions stratégiques de celle-ci.

Ainsi, les SI sont transversaux : ils touchent l’ensemble des activités de soutien ou de production, même s’ils ne sont pas nécessairement interconnectés. Au sein d’une même structure, il est possible d’avoir plusieurs systèmes d’information qui cohabitent sans pour autant communiquer.

En parallèle, les composantes matérielles deviennent plus performantes et les logiciels évoluent en permanence, ce qui provoque une incompatibilité parfois totale entre les différents SI. Il s’agit d’autant de causes qui favorisent l’hétérogénéité et engendrent un effet de contre-performance.

Les SI sont donc spécifiques à chaque structure et dépendent de nombreux facteurs, tant organisationnels qu’humains. Aussi, ils dépendent de la stratégie active ou passive de l’entreprise en matière de technologie de l’information et de la place qu’y joue l’informatique dans sa différenciation vis-à-vis du marché.

L’enjeu de la gouvernance SI pour chaque entreprise, c’est à la fois de bénéficier d’une certaine standardisation des technologies utilisées et de répondre à ses besoins opérationnels propres, tout en optimisant sa compétitivité.

La flexibilité d’Amazon à un coût réduit avec OpenStack

Logo OpenStackAmazon est sans contestation possible le numéro un de l’infonuagique publique. Son succès tient en une recette secrète dont on connaît les ingrédients : élasticité horizontale, répartition des charges (load balancing) et service à la clientèle. Mais si Amazon a su s’imposer grâce à son avance technologique, l’hébergeur a aussi des défauts…

Lisez la suite de ce billet dans mon blogue de Direction informatique Lien.