Érudit, un savoir à cultiver… librement

Premier diffuseur de ressources francophones en sciences humaines et sociales en Amérique du Nord, Érudit s’est refait une beauté en 2017. Fruit d’un travail d’un an et demi, cette refonte technique et visuelle offre de nouvelles fonctionnalités, auxquelles notre expert Python Morgan Aubert s’est fait un grand plaisir de contribuer.

En accès libre
Avant d’aborder cette refonte, revenons un petit peu en arrière. En 1998, les Presses de l’Université de Montréal lancent Érudit, plateforme de ressources pour les sciences humaines et sociales. Six ans plus tard, en 2004, elle bénéficie du soutien d’un consortium unissant l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Cette union renforce Érudit dans sa mission de diffuser en accès libre du contenu de haut niveau dans plus de 30 disciplines : des revues savantes et culturelles, des livres, des actes, des mémoires, des thèses ainsi que des rapports de recherche.

Ce volume conséquent de plus de 200 000 documents fait de la plateforme un acteur de référence pour la recherche francophone, contribuant au partage du savoir et encourageant par là même la publication scientifique en français sur le territoire nord-américain. En 2016, le compteur des consultations est monté 21 millions !

Par ailleurs, Érudit s’est engagé dès sa création envers l’utilisation des logiciels libres : son environnement de travail, son infrastructure et ses services reposent sur des logiciels libres. Directeur des technologies du consortium, Davin Baragiotta insiste sur le fait d’avoir «la capacité d’utiliser des technologies développées/maintenues par des tiers, d’y contribuer au besoin -comme on a pu le faire- et de mettre à disposition notre propre code en vue d’une réutilisation complète ou partielle par des tiers. C’est une culture technique de partage et de collaboration qui permet d’avoir une meilleure capacité de développement et de maintenance de nos TI. Aussi, d’un point de vue organisationnel, cette approche technique s’inscrit dans une culture plus large d’ouverture, de collaboration et de partenariat. Essentiellement, Érudit met en valeur des contenus scientifiques et culturels que l’on veut voir d’avantage diffusés en Open Access. »

Lors des travaux préliminaires de la refonte, le projet visait à doter Érudit d’une plateforme moderne qui permettra une évolution continue et une extension des fonctionnalités. Il s’agissait donc de réécrire la plateforme en Python/Django en remplacement de Cocoon/Drupal/WordPress, mais en gardant la même couverture fonctionnelle. C’est dans ce contexte que notre expert Morgan Aubert a travaillé en tant consultant développeur Python. Il y a fait du développement back end et front end, en utilisant le framework web Django, alors que les développements front end impliquaient Javascript et Sass.

Bonjour Morgan, quels ont été les défis techniques auxquels tu as confronté pour cette plateforme ?
L’un des principaux défis technologiques était lié au gros volume de données à importer, traiter, présenter et servir sur la plateforme. En effet, la plateforme Érudit met à disposition plus de 200 000 documents savants et culturels. Avant d’être visibles sur la plateforme Erudit.org, ces documents doivent être importés depuis différentes sources de données – ce qui implique plusieurs protocoles sous-jacents (par exemple Fedora Commons, un système de gestion de bibliothèques numériques, ou encore OAI-PMH, Open Archive Initiative Protocol for Metadata Harvesting, un protocole permettant l’échange de métadonnées provenant de sources diverses). Gérer un tel volume de document impliquait également d’anticiper les différents usages de la plateforme afin d’assurer une navigation fluide et performante pour les utilisateur d’ Erudit.org.

Il y avait également d’autres défis : assurer une certaine rétro-compatibilité entre l’ancienne plateforme et la nouvelle, qu’il s’agisse de redirections entres les anciennes URLs et les nouvelles, ou des techniques de conservation de l’indexation des documents Érudit dans Google et Google Scholar (https://scholar.google.ca/). Un autre défi consistait à permettre la collecte de métriques de consultations de documents en vue de produire des statistiques dans divers formats, et ainsi représenter ces statistiques de consultation de documents savants ou culturels avec des outils tel que COUNTER, ou des webservices, qui implémentent plusieurs normes de webservices liés à la récupération de données de consultation de documents savants ou culturels tel que Schemas for the Standardized Usage Statistics Harvesting Initiative (SUSHI).

Et quelle fut la partie de ton travail la plus intéressante ?
L’objectif de la plateforme Erudit.org s’inscrit dans une dynamique très vertueuse; le fait d’effectuer des travaux de conception et de développement sur la nouvelle version de cette plateforme était ainsi très valorisant. Outre les travaux liés à la mise en place de cette nouvelle application avec le cadriciel Django, l’un des aspects les plus intéressants de cette mission de plusieurs mois était lié aux spécificités mêmes de la plateforme : le fait de découvrir les spécificités techniques et exigences du milieu universitaire/bibliothécaire était particulièrement intéressant. Qu’il s’agisse de protocoles d’échange de métadonnées, de technologies de gestion de bibliothèques numériques ou de normes de présentation de citations, c’est un milieu qui vient avec son lot de problématiques techniques, d’enjeux technologiques… et de solutions libres. J’ai d’ailleurs été amené à réaliser plusieurs contributions lors de mon mandat, notamment dans le cadre de l’utilisation d’outils Python proposant des mécanismes d’interactions avec des technologies de gestion de bibliothèques numériques tels que eulfedora pour Fedora Commons .

Christophe Villemer, vice-président de Savoir-faire Linux, rebondit sur ces contributions : «en apportant notre expertise Python/Django à ce projet d’envergure, nous avons pu à la fois participer au développement d’un moteur de recherche important pour la communauté scientifique et offrir de nouvelles ressources à celle des technologies open source destinées à la gestion documentaire. Ce qui correspond parfaitement à la philosophie de notre entreprise».


Une version bêta

Complété à l’interne, le nouvel Érudit est encore en version bêta, et au cours de l’année de nouvelles fonctionnalités seront graduellement intégrées au site. Dans l’esprit des technologies ouvertes, vous pouvez contribuer à l’amélioration de la plateforme en signalant tout bogue à l’adresse bogue@erudit.org, et vous pouvez aller consulter le projet sur github, où Érudit a même son propre dépôt.

En attendant ces améliorations, libre à vous d’aller consulter la plateforme de recherches et trouver une multitude de ressources sur le logiciel libre, entre les thèses, les mémoires de maîtrise, les articles de revue savante ou culturelle, vous aurez l’embarras du choix…

Lemon LDAP : : NG, le choix de Villeurbanne pour son système d’authentification

La Ville de Villeurbanne mise sur l’Open Source et choisit Lemon LDAP::NG pour contrôler les droits d’accès de ses utilisateurs.

La Ville de Villeurbanne possédait plusieurs applications Web dont l’authentification était déjà déléguée à un serveur central CAS (Central Authentification Services), modifié pour les besoins de Villeurbanne pour donner accès à la fois aux utilisateurs internes présents dans Active Directory et à des utilisateurs externes stockés dans une base de données.

L’arrivée de nouvelles applications dans le système d’information nécessitait de pouvoir contrôler les droits d’accès afin d’éviter que certains utilisateurs accèdent à des données confidentielles.

Une solution éprouvée pour répondre aux enjeux « d’authentification unique» de la Ville de Villeurbanne

Après une veille poussée et une consultation des principaux acteurs du marché, leur choix s’est porté sur le système d’authentification unique LemonLDAP::NG.
Solution de gestion des identités distribuée sous licence GPL, LemonLDAP::NG est un logiciel d’authentification unique adaptée au monde des entreprises (gestion centralisée des autorisations, interopérabilité avec tous les protocoles d’échange d’identité tels CAS, OpenID Connect, SAML,…). Très simple d’installation, la configuration peut se faire en mode texte ou graphique. LemonLDAP::NG est également compatible avec des nombreuses applications web.

« Dans le cadre d’un projet d’intranet composé de briques Open Source, nous recherchions un outil d’authentification unique permettant d’affecter des droits d’accès en fonction de caractéristiques de comptes de l’active directory. Après analyse de diverses solutions, nous avons retenu Lemon::LDAP qui répondait parfaitement à nos besoins », explique Jean-Patrick Trauet, responsable technique et sécurité de la ville de Villeurbanne.
« C’est également devenu une opportunité pour créer un portail d’authentification pour nos applications web. Nous envisageons désormais de faire évoluer Lemon::LDAP vers de l’authentification forte. »

« Après analyse de diverses solutions, nous avons retenu Lemon::LDAP qui répondait parfaitement à nos besoins. C’est également devenu une opportunité pour créer un portail d’authentification pour nos applications web. »
Jean-Patrick Trauet, responsable technique et sécurité


Un projet mené par Savoir-faire Linux

La ville de Villeurbanne a fait appel à nous pour les accompagner dans la mise en place de LemonLDAP::NG. Le projet a été découpé en plusieurs phases :

  • Mise en place d’un annuaire OpenLDAP pour remplacer la base
    de données en tant que référentiel des identités externes.
  • Création de connecteurs pour synchroniser automatiquement les
    comptes et les groupes Active Directory dans l’annuaire OpenLDAP.
  • Gestion de groupes de droits dans OpenLDAP associant utilisateurs internes et externes. .
  • Mise en place de LemonLDAP::NG en tant que serveur CAS pour remplacer l’ancien et personnalisation de la mire d’authentification.
  • Migration des applications sur le nouveau serveur CAS.

Le nouveau portail d’authentification

Les principaux bénéfices pour la ville de Villeurbanne

La ville de Villeurbanne dispose désormais d’un annuaire central des identités (internes et externes) et d’un outil de WebSSO et contrôle d’accès. La possibilité d’utiliser LemonLDAP::NG comme serveur CAS, mais également comme fournisseur d’en-têtes ou fournisseur SAML ou OpenID Connect, permet de connecter un large périmètre d’applications.

Données clés

  • Nombre d’utilisateurs touchés : environ 1000 utilisateurs
  • Nombre de jours de charge du projet : 10 jours
  • Nombre d’applications concernées : entre 5 et 10
  • Technologies utilisées : OpenLDAP, LSC et LemonLDAP::NG , EZPublish, Alfresco, iTop, Piwik, Orchestra, développements internes en PHP

FOSDEM 2017 : nos impressions

Un amphithéâtre plein à craquer lors de la conférence principale sur les Kubernetes

Cette année, nos envoyés spéciaux au FOSDEM étaient 5. Soizik, Cécile, Clément, Adrien et Andreas nous livrent leurs impressions, leurs coups de cœurs et leurs découvertes.


Soizik Froger, chef de projet

– Plongé : dans mon 1er FOSDEM. Ce fut une super expérience, avec un seul regret : ne pas avoir le don d’ubiquité ! Un sacré bain de techno, de passionnés et une belle leçon d’humilité face au niveau des intervenants !

– Préféré : la conférence du petit «frenchy» Matthieu Totet sur le cycle « graph » : un travail passionné et passionnant sur son module Gephy de suivi en temps réel de l’activité Twitter, ou comment saisir le potentiel fantastique de cette technologie!

– (Presque) pleuré de joie : lors de la séance de Q&A avec le Governing board OpenJDK Java : Mark Reinhold, Mario Torre, Andrew Haley, Georges Saab & Doug Lee (embedded). J’ai volé une photo devant laquelle je me prosternai chaque soir jusqu’au prochain FOSDEM.

Mark Reinhold, Mario Torre, Andrew Haley, Georges Saab & Doug Lee (en téléconférence).

– Décerné : la palme du meilleur orateur pour Christian Thalinger pour son benchmark du Compiler JIT Graal sur les services Twitter car j’ai tout compris et je ne pense pas que cela vienne de moi !

– Découvert : ce qui se cache sous le capot de Ring. On a assisté à un bel échange technique autour de l’architecture et à une immense vague d’enthousiasme pour ce projet ambitieux et modulable ! Bravo à l’équipe !


Cécile Delépine, directrice générale déléguée Europe

– Sauté à pieds joints : dans mon premier FOSDEM. Ce fut une super occasion de rencontrer l’écosystème dans un environnement à la fois détendu et très professionnel.

– Surveillé : l’orchestration de containers avec Kubernetes, la communauté Open Source qui croît plus rapidement en ce moment. Le FOSDEM est l’endroit idéal pour faire de la veille technologique, que je ne fais pas comme une ingénieure mais comme une développeuse d’affaires.

– Fait à savoir : le FOSDEM, c’est aussi l’occasion pour recruter (nous avons investi le job corner avec nos offres au Canada et en France !), faire connaître Savoir-faire Linux aux jeunes, moins jeunes et surtout donner envie aux talents de nous rejoindre. La conférence Ring y a bien sûr contribué mais aussi l’implication de Clément avec LemonLdap et notre présence sur le stand OW2.

– Entendu parler : la conférence Mozilla: What motivates the open source community? par Rina Jensen, dont les conclusions devraient être partagées.

Beaucoup de lecture en perspective !

– Décerné : le Prix spécial pour moi revient à Software Heritage, un projet porté par Roberto Di Cosmo (INRIA, membre du GTLL Systematic). Le code source de nos projets sont un COMMUN, il doit à ce titre être accessible par tous et centralisé dans une archive qui ne dépend pas d’une solution ou d’une autre (Github, Bitbucket…) .

– Dévoré : Je suis repartie avec How Linux works? et je viens de finir le chapitre 2 🙂

Clément Oudot, expert infrastructure et sécurité

– Représenté : le projet LemonLDAP::NG. J’ai pu ainsi échanger avec les communautés FusionDirectory et Spoon. La présence d’un stand OW2 pour la première année démontre que ce consortium n’est pas qu’orienté Entreprise mais est bien également un acteur communautaire.

– Enchanté : par l’affluence. Entre le kiosque Perl et la devroom bien fournie le dimanche, c’est un plaisir de sentir que ce langage attire encore du monde !

– Croisé : beaucoup de connaissances travaillant dans d’autres communautés, comme Framasoft, XMPP, OpenStack, VLC, PHP, etc.

Notre équipe France au kiosque OW2 : Clément Oudot (c), Cécile Delépine et Soizik Froger
Sous le capot de Ring avec Adrien Béraud et Andreas Traczyk

Adrien Béraud, ingénieur système projet Ring

– Excité : par ce vivier d’échanges enrichissants. Ce fut très excitant, émulant. Nous avons rencontré plein de gens avec des projets intéressants. Il y avait tellement de monde, près 8000 personnes sur les deux jours.

– Marqué : par l’intérêt du public lors de la conférence de Ring l’année dernière, les gens découvraient Ring. Cette année, ils cherchaient à en savoir plus sur la technologie autour du logiciel. D’où des échanges très intéressants dans une salle trop petite pour accueillir tout ce monde intéressé par notre solution. On observe une demande croissante pour les systèmes de communication distribués.

– Écouté : Alok Anand, qui a présenté le module dédié à Ring pour Telepathy. Il l’a développé dans le cadre de Google Summer of Code, avec l’appui de Savoir-faire Linux.

Andreas Traczyk, développeur projet Ring

– Débarqué : à mon premier FOSDEM. Venant de Montréal, j’ai été servi. Cela a dépassé mes attentes. Il y avait vraiment beaucoup de participants, de gens brillants, ce fut assez intense!

Il y avait du monde à la présentation de Ring !

– Impressionné : par la participation à la conférence de Ring. Malgré le peu de temps imparti, nous avons été bien reçus, les questions du public ont été stimulantes, en sachant que d’autres personnes n’ont pas pu assister à notre présentation, faute de place ! J’espère que nous aurons plus de temps l’année prochaine.

– Regretté : de ne pas avoir eu assez de temps pour parler de Ring !

– Assisté : à la très bonne présentation de Daniel Pocock sur le socio-financement (crowdfounding) de projets dans notre domaine.

 

Ring parmi les projets hautement prioritaires de la Free Software Foundation

 

Intégré dans le projet GNU depuis l’automne dernier, Ring fait désormais partie des projets prioritaires de la FSF dans sa liste de High Priority Projects List (HPPL) mise à jour en janvier dernier.

En mettant l’accent sur ces projets open source, la Free Software Foundation répond à sa vocation : accroître la notoriété et l’usage des logiciels libres parmi les utilisateurs des outils informatiques quels qu’ils soient. Depuis 2005, elle dresse une liste d’applications en développement à destination des contributeurs, bénévoles, compagnies et autres militants du Logiciel Libre. Sans leur aide précieuse, ces projets ne pourraient atteindre leur plein potentiel.

De nombreux enjeux des technologies libres sont abordés : la décentralisation, l’accessibilité, la sécurité, les applications mobiles et les technologies liées aux clavardages en direct avec messageries. C’est dans cette catégorie que Ring a été placé.

Aux yeux de la Free Software Foundation, le contexte actuel de surveillance généralisée exige que l’on s’attelle à une tâche fondamentale : trouver des solutions alternatives et sécuritaires à des logiciels propriétaires.

La présence de Ring dans cette liste est très importante pour nous. Libre, décentralisé, sécurisé et universel, c’est un logiciel qui s’intègre parfaitement à la philosophie de la Free Software Foundation. Basé sur un développement collaboratif, il veille à offrir une meilleure protection de la confidentialité et de la vie privée des utilisateurs lors de communication à distance (clavardage, messagerie, appel audio et vidéo).

Un code partagé et enseigné

En effet, notre équipe de développement travaille de concert avec des contributeurs extérieurs ainsi que les universités partenaires. Déjà objet d’étude pour les étudiants de premier cycle à l’École Polytechnique de Montréal, Ring sera au programme des élèves de 3e année, autour de nouvelles fonctionnalités.

Dans le même esprit, il faut rappeler l’implication des étudiants de maîtrise de l’Université du Québec à Montréal dans la sécurisation des protocoles Distributed Hashed Table.

Dès lors, l’appui de la Free Software Foundation nous encourage à faire partager nos avancements sur ce projet de logiciel libre, universel, distribué pair à pair et sûr, constituant une pierre dans l’édification d’un Internet décentralisé et libre.

Tuleap, un outil de choix pour développer Ring

En novembre dernier, dans le cadre du «Paris Open Source Summit», nos développeurs de Ring ont rencontré l’équipe d’Enalean, qui développe l’outil open source Tuleap, utilisé pour le développement de Ring. Voici en quelques paragraphes notre discussion à bâtons rompus avec Manon Midy, membre de l’équipe Tuleap.

Je m’appelle Guillaume Roguez, directeur technique du projet Ring, au siège montréalais de Savoir-faire Linux, une entreprise fournissant des solutions en systèmes d’informations, spécialisée dans le déploiement, la personnalisation, l’intégration et l’élaboration de stratégies pour l’implantation des meilleurs outils et projets en logiciels libres et open source, afin de répondre aux besoins de nos clients. Notre objectif est d’être le premier acteur des technologies développées, étendues, supportées ou connectées par les logiciels libres et open source. Pour y parvenir, nous nous devons d’être sans cesse créatifs, innovateurs et garder notre acuité en matière de Recherche et Développement. Ring est l’un de nos projets maison en R&D.

Rapidement, Ring est un logiciel de communication libre, distribué et universel, disponible sous la licence GNU GPL v3. Les utilisateurs de Ring peuvent communiquer de différentes façons, en l’utilisant comme un téléphone (VoIP), un outil de partage de médias (audio et vidéo), une messagerie, ou encore comme un socle de communication pour les objets connectés. Ring peut être alors vu comme une alternative libre et open source à Skype.

En tant que responsable du développement, je gère tous les aspects du projet Ring et je coordonne les tâches imparties à chaque membre de l’équipe. Par ailleurs, je vais à la rencontre des contributeurs en faisant des présentations publiques dans les universités de Montréal (Polytechnique, Université du Québec à Montréal, McGill University, École de Technologie Supérieure etc.). Ring est aussi un objet de recherche, un laboratoire permanent pour les étudiants de maîtrise à Montréal. Ils ont eu la possibilité de parfaire leurs habilités en programmation tout en contribuant au développement de Ring (le programme Google Summer of Code en est un exemple probant). En fait, aux yeux de Savoir-faire Linux, il est important de travailler avec des enseignants-chercheurs et leurs étudiants pour étendre la communauté autour du projet.

Pour continuer, je voudrais profiter de cet article pour parler brièvement de l’environnement technique – Tuleap- sur lequel nous avons choisi de nous reposer. Tout simplement, Tuleap est la plateforme de développement de projet logiciel que je recommande. Il facilite notre travail collaboratif, il nous fait gagner énormément de temps et il nous aide dans la gestion de nos activités quotidiennes.

De Redmine à Tuleap, défis et d’opportunités

Au début du projet Ring, nous utilisions la plateforme Redmine, commune à tous les projets chez Savoir-faire Linux. Toutefois, au fur et à mesure de son utilisation, nous nous sommes rendus compte que nous faisions fausse route. Redmine a une conception assez rigide, qui ne peut permettre aux utilisateurs d’adapter facilement les champs de suivi pour des usages spécifiques. D’une manière générale, Redmine est assez limité et restrictif. Par exemple, faire des modifications dans le système de suivi requiert plusieurs manipulations. Une fois terminées, on ne peut pas facilement revenir en arrière. Or, j’ai toujours voulu quelque chose de plus souple pour mon équipe.

À mes yeux, GitHub est trop simplifié, et plusieurs fonctionnalités manquent à l’appel. Cet outil, est, encore une fois, trop rigide. Cependant, du point de vue du design, c’est alléchant, mais c’est trop cher pour des projets à long terme. C’est peut-être le bon outil pour des projets de petite et moyenne taille. Néanmoins le design restrictif de GitHub limite la marge de manœuvre d’une équipe travaillant sous un mode Agile. Si on doit adapter notre manière de travailler à l’outil, ce n’est pas la bonne option pour nous.
Avec Tuleap c’est différent. L’outil est bien plus souple tout en permettant de guider les utilisateurs avec un flux de travail défini. Par exemple, si on utilise Git dans Tuleap, il y a la possibilité d’imposer une procédure de développement de façon à ce que les développeurs respectent des étapes importantes et apprennent les bonnes pratiques. Par exemple, nous pouvons imposer aux messages de transaction (Commit messages) de contenir une référence aux incidents soumis dans Tuleap. Ainsi, on peut avoir une vue d’ensemble du cycle de vie du développement et suivre précisément les anomalies. Certains peuvent y voir une limitation, mais en réalité, cette possibilité permet aux membres de l’équipe d’ajuster leurs efforts dans la bonne direction et respecter l’esprit du projet. Tuleap n’est pas un outil fermé sur lui-même. Bien au contraire, grâce au design qui le sous-tend – acceptant beaucoup de greffons – cet outil donne à l’équipe de développement la possibilité d’interagir avec d’autres logiciels bien connus comme Jenkins et Gerrit.

Les avantages étaient clairs dès le départ pour Jérôme Ouffela, notre directeur technique. Il a proposé l’adoption de Tuleap, après avoir exposé ses raisons. Honnêtement, quand on cherche à changer fondamentalement les méthodes de travail d’une équipe, il faut s’attendre à quelques frictions. Mais, au regard de nos expériences passées, le niveau de flexibilité des collaborateurs augmente lentement mais sûrement, en suivant la courbe d’apprentissage. Il y a toujours un prix à payer pour un quelconque changement.

Parmi les autres défis auxquels nous avons du faire face, il y a eu la question d’une documentation manquante. Cet accroc a laissé quelques traces, comme la difficulté de mettre en place des procédures de suivis et la lenteur des réparations de bogues subséquente. Fort heureusement, l’équipe de développement de Tuleap a vite répondu à nos difficultés. Ils nous ont aidés à configurer un outil sur mesure et ainsi bénéficier d’une flexibilité nous permettant d’ajouter et/ou changer nos mesures de suivi. Tuleap a cette particularité : évoluer de manière qualitative avec le projet de l’utilisateur. Plus nous utilisions sa flexibilité et sa capacité d’évoluer, plus cela nous a conforté dans notre choix à l ‘égard de Tuleap.

Enfin, le dernier élément décisif et non des moindres, Tuleap est un outil open source porté par une communauté de développeurs très dynamique et riche. Par exemple, Tuleap a sorti au début du mois de janvier une nouvelle version 9.3, jetant les premières bases du nouveau langage de requêtes du système de suivi. Les développeurs pourront ainsi faire des recherches avancées dans les procédures de suivi de Tuleap, intégrant les caractères « AND », « OR » and « () ». Nous pourrons être en mesure d’obtenir tous les tickets correspondant à des requêtes complexes du type (summary = “tracker” OR summary = “query”) AND submission = “language”.

A mon avis, une visite sur le site de Tuleap vaut le détour :
a) pour ses tutoriels faciles à comprendre , qu’ils sont en vidéo ou en texte tout simplement,
b) pour l’accès à une somme importante d’informations sur les nouvelles fonctionnalités et les bogues réparés et clairement identifiables et
c) pour discuter avec la communauté Tuleap, et ainsi entamer une conversation très technique.

Tuleap, une utilisation Agile

Pour développer le logiciel Ring, nous suivons la méthodologie Agile. En utilisant l’environnement de planification Scrum de Tuleap, nous pouvons ainsi suivre nos versions actuelles et à venir et avoir un œil sur les bogues, les améliorations, le wiki et les forums de manière efficace. Et nous l’avons associé au système de revue de codes pour gérer les correctifs.

Au jour le jour, il y a une dizaine de développeurs de Savoir-faire Linux qui utilisent Tuleap pour développer Ring. J’en fais partie, avec plusieurs chapeaux, directeur technique du projet, développeur, Scrum master. À cette équipe s’ajoutent des développeurs motivés, d’autres membres de la communauté comme ceux maintenant la plateforme, les utilisateurs, les abonnés etc. Tout ce beau monde réparti sur la planète s’aide pour contribuer à ce projet innovant communautaire qu’est Ring.


Des nouveautés prometteuses

Si nous pouvions changer quelque chose sur Tuleap,  il s’agirait peut-être de l’interface utilisateur (UI). Actuellement, pour réaliser ce qui est programmé, il y a beaucoup trop de clics à faire. De plus, cette interface (UI) est assez complexe. Aux dires de Manon, l’équipe réfléchit déjà à une refonte complète. Ce qui est une bonne nouvelle pour nous. Si l’on se fie aux dernières versions et les mises-à-jour (9.2 et 9.3 ) cela semble être le cas. Nous croyons que Tuleap est un projet très prometteur pour des générations de développeurs à venir.