E-commerçants, préparez-vous !

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Les fêtes approchent et si votre activité dépend grandement d’Internet et de votre site Web, vous vous posez sans doute la question : « Mon site va-t-il tenir le coup ? ».

Nombreux sont les commerçants qui misent beaucoup sur leur site e-commerce et cette période de fête est cruciale, voire vitale.
Il ne suffit pas de disposer de son site Web hébergé chez 1and1 ou Hostpapa à moindre coût pour assurer sa présence en ligne en tout temps et en toute circonstance.
Même si ce genre d’offre peut suffire à beaucoup et pour la majorité de l’année, les fêtes et autres périodes de soldes génèrent un trafic (beaucoup) plus élevé pour votre site.
Le défi, c’est de faire en sorte que votre boutique en ligne reste disponible et fluide pour le visiteur, augmentant ainsi la satisfaction client et votre taux de transformation.

Voici 5 points importants pour préparer votre site à affronter cette période de trafic intense :

  • Backups : L’assurance vie
    On ne le répète jamais assez, mais un incident est vite arrivé. Erreur humaine ou défaillance matériel, ce n’est jamais le bon moment. Il faut être prêt et disposer de procédures de sauvegarde et de restauration propres et éprouvées.
    Prenez donc le temps de vérifier l’état de vos sauvegardes et de corriger en cas de soucis.
  • Le CDN : La qualité a un prix
    Voilà une solution performante mais onéreuse. Le CDN (ou Content Delivery Network) vous permet d’assurer « un point de présence » au plus proche du visiteur en mettant à disposition des nœuds de « cache » géographiques.
    Si votre budget vous le permet, souscrire à un service de CDN est une option plus que viable pour la tenue en charge de votre site Web.
    Si cet élément est un des premiers de la liste, c’est surtout parce que sa mise en place doit être anticipée et réfléchie. Nombreux sont les acteurs du monde des CDNs (Akamaï, CDNetworks, CloudFlare, etc.) et chacun propose de plus en plus d’offres. Il s’agit surtout de vous poser les bonnes questions pour faire le bon choix. Où souhaitez-vous être présent ? Que souhaitez-vous accélérer ?
    Bref, prenez le temps d’y penser.
  • Le test de charge : La preuve par 3
    Indispensable à toute plateforme ayant pour vocation d’accueillir des visiteurs/utilisateurs, un test de charge est un moyen empirique de vous donner une idée des performances de votre site.
    Ce genre de benchmark ne se réalise bien entendu pas pendant la période fatidique mais bien avant. L’idéal étant de réaliser ces tests sur la plateforme telle qu’elle sera au moment des fêtes (i.e : code source, produits, infrastructure, etc.).
    Un seul changement, et le test ne sera plus représentatif.
    Il existe plusieurs outils OpenSource pour réaliser ce genre de tests par vous-même, notamment JMeter (http://jmeter.apache.org/) qui vous permettra de définir un scénario de navigation et de le « jouer » plusieurs fois, en parallèle, selon des critères que vous aurez définis, et ce, jusqu’à atteindre les limites de votre hébergement. Il ne tient qu’à vous, ensuite, d’analyser les résultats pour en tirer les conclusions les plus pertinentes.
  • Le cache : À tous les niveaux
    Pour améliorer les performances de votre site Web, il faut faire en sorte de le solliciter le moins possible ; et si vous ne pouvez pas jouer sur le nombre de visiteurs, vous pouvez « soulager » votre infrastructure par la mise en place et/ou l’optimisation du cache à plusieurs niveaux.

    • Cache navigateur : c’est le niveau de cache le plus important. C’est celui qui est géré par le navigateur de l’utilisateur. En définissant la politique de cache (via les en-têtes Cache-Control et Expire) des éléments et leur durée de mise en cache, vous permettez au navigateur de conserver, en local, certains éléments et ainsi, de ne pas solliciter continuellement votre serveur Web. L’utilisateur y gagne en rapidité et vous en performance.
    • Cache code : Situé côté serveur, le cache de code (géré par APC, OPCache, etc.) va permettre la mise en cache des fichiers pré-compilés de votre application (PHP par exemple). Le gain est significatif puisqu’on évite les étapes lourdes de parsing et compilation du code.
    • Cache Applicatif : En plus du cache de code, vous pouvez utiliser un serveur de cache applicatif tel que Redis ou Memcached. Basés sur du stockage clé-valeur, en RAM, le gain de performances est également fortement appréciable. Attention, votre application doit être conçue pour utiliser ces serveurs de cache ; via plugin ou développement spécifique.
    • Reverse Proxy : Le reverse proxy ou proxy inverse est une brique intermédiaire entre l’application et le client. Possédant son propre cache, il va décharger votre serveur web en utilisant ce qu’il possède déjà plutôt que de faire suivre la requête. La configuration de ce genre de logiciel est très fine et vous permet de mettre en cache quasiment tout et « n’importe quoi ». On peut même y faire de la mise en cache de page « partielle » via les blocs ESI (cf: https://fr.wikipedia.org/wiki/Edge_Side_Includes). On peut citer Varnish (https://varnish-cache.org/), un projet opensource populaire et performant.
    • CDN : Comme précédemment dit, le CDN est un réseau de livraison de contenus qui  diminuera sensiblement le temps d’ouverture de vos pages Internet et facilitera également l’accès à vos différentes applications Web. Un service CDN se révèle particulièrement judicieux voire indispensable pour desservir efficacement des régions éloignées.
  • Le Jour-J : On ne touche à rien !
    Ça peut paraître extrême, mais il faut limiter au maximum les actions en back-office. Peu importe votre CMS, les actions significatives (changement des prix, contributions, réindexations, etc.) sont lourdes pour votre application et donc pour votre infrastructure. Votre site étant déjà en train de supporter un trafic inhabituel, laissez-le tranquille et contentez vous de regarder.

Voilà un petit tour de quelques points à avoir en tête lorsqu’on est e-commerçant pour optimiser ses activités sans craindre les incidents techniques. La liste n’est bien entendu pas exhaustive et on peut citer d’autres pistes d’améliorations comme l’optimisation des médias de votre site pour gagner en légèreté, l’augmentation temporaire de la puissance de votre infrastructure ou encore l’utilisation du Responsive Web Design pour les nombreux terminaux mobiles qui envahissent de plus en plus le marché.

Vous l’aurez compris, les options sont donc infinies. Pour une expérience utilisateur optimale, tenez compte des caractéristiques spécifiques de vos visiteurs et prenez des décisions qui répondent à vos enjeux stratégiques d’affaires. Avec un investissement minime et des choix éclairés, les résultats peuvent être bluffants. Sachez que l’équipe Infrastructure de Savoir-faire Linux peut vous guider dans vos démarches pour un temps des fêtes couronné de succès !

Drupal 8 : de Barcelone à Dublin, une année à fond de train

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Lors du DrupalCon de Barcelone en septembre 2015, la communauté Drupal était très déçue de pas avoir réussi à finaliser Drupal 8, pourtant en développement depuis bientôt quatre ans.
Au moment du DrupalCon de Dublin en septembre 2016, Drupal 8 était non seulement disponible depuis plusieurs mois, mais deux nouvelles versions mineures (8.1.0 et 8.2.0) avaient déjà vu le jour.
Cette version est sans aucun doute la plus importante de l’histoire du projet, tant par les nouveautés apportées au logiciel que par les changements appliqués au processus de développement.
De ce fait, on peut se poser la question suivante : comment la communauté Drupal est-elle passée d’un délai de quatre ans entre les versions 7 et 8, à des itérations courtes et des nouveautés fréquentes ?

La mise en place des versions planifiées
Le graphique ci-dessous montre à quel point le temps entre chaque version de Drupal a augmenté de façon considérable.
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Ce délai entre Drupal 7 et 8 a aussi révélé un certain nombre de problèmes.
Puisque cette version était en mode de développement durant quatre ans, les contributeurs avaient l’impression de travailler dans une sorte de bulle, ajoutant de nouvelles fonctionnalités sans jamais savoir si elles répondaient à des besoins réels chez l’utilisateur hypothétique.
La mise en place de versions planifiées est venue remédier à ce dysfonctionnement en prévoyant une nouvelle version tous les six mois.

Cela permet aux développeurs d’ajouter des nouveautés beaucoup plus souvent, de recevoir des commentaires d’utilisateurs réels et d’être ainsi mieux à même de suivre le marché.
La sortie d’une nouvelle version marque aussi la fin du support de la précédente pour inciter les utilisateurs à tenir leur site à jour et pour éviter d’avoir à supporter plusieurs versions.
La gestion sémantique de version
Le passage d’un système de version à deux chiffres (7.x) à un système de version à trois chiffres (8.0.x), appelé gestion sémantique de version, a favorisé la mise en place des versions planifiées et permis de limiter les changements de versions majeures.
Le premier chiffre, la version majeure, n’augmente que lorsque des changements rétro-incompatibles sont nécessaires. Le troisième, la version de correctif, est augmenté chaque fois qu’une mise à jour de sécurité ou qu’un correctif de bogue est appliqué. Finalement, la version mineure représentée par le chiffre du centre, est augmentée toutes les fois que de nouvelles fonctionnalités rétro-compatibles sont ajoutées.
Dans le cas de Drupal 8, c’est cette version mineure qui est incrémentée tous les six mois.

Les modules expérimentaux
En plus des sorties planifiées et des versions sémantiques, Drupal 8 introduit aussi le concept de module expérimental.
Un module expérimental est un module qui aspire à être inclus dans le cœur de Drupal, mais qui n’a pas encore atteint une stabilité acceptable.
Comparativement à un module communautaire, un module expérimental reçoit davantage de visibilité de la part des utilisateurs et des core commiters puisqu’il est inclus dans le cœur de Drupal.
Toutes les modifications apportées à son code sont revues par une personne responsable du projet, garantissant ainsi qu’il ne contient aucune faille de sécurité connue ni aucun risque de perte de données.
Notons aussi que leur utilisation dans un environnement de production est déconseillé et que leur avenir dans le cœur de Drupal n’est pas garanti, car s’ils ne se stabilisent pas dans un délai d’un an, ils seront retirés.

Les nouveautés dans Drupal 8.2.

1) De nouveaux modules expérimentaux
– «Content moderation» qui introduit les états de modération du contenu.
– «DateTime range» qui permet d’ajouter des dates de fin.
– «Place block» qui permet de placer des blocs directement sur une page sans avoir à passer par les pages d’administration, facilitant ainsi la visualisation du rendu.
– «Settings tray» qui introduit un panneau latéral pour éditer la configuration de certaines parties des pages comme, par exemple, les menus.

2) Des améliorations à des fonctionnalités déjà présentes
– Des URL relatives converties en URL absolues lorsque présentées dans un flux RSS.
– Des révisions activées par défaut pour les nouveaux types de contenus.
– Un progrès considérable du côté du support REST, qui permet un plus grand contrôle sur un site Drupal depuis une application externe.

Que peut-on espérer pour Drupal 9 ?

Avec ce nouveau modèle de développement, certains se demandent si Drupal 9 sera vraiment nécessaire dans un futur proche.
Il est vrai que les nouveautés de Drupal 8 vues ici nous permettent d’ajouter des fonctionnalités beaucoup plus facilement et rapidement qu’auparavant, alors pourquoi ne pas continuer ainsi pendant plusieurs années ?
Nous sommes portés à croire que ce sera probablement le cas. Tant qu’il n’y aura pas un excès de couches de rétro-compatibilité qui gagneraient à être retirées ou qu’il n’y a pas de besoin urgent de faire des changements rétro-incompatibles, Drupal 8 continuera d’évoluer au rythme de ses versions mineures.
De plus, étant donné que la sortie d’une nouvelle version mineure implique la fin du support de la précédente, nous pouvons espérer que lorsque Drupal 9 sortira, la transition se fera beaucoup plus efficacement que celle entre Drupal 7 et 8. Et ce pour deux raisons.
Premièrement, puisque le plus important changement sera probablement le retrait des couches de rétro-compatibilité, et que leur dépréciation aura été annoncée progressivement au fil des versions mineures, les modules communautaires auront eu amplement le temps de s’adapter.
Deuxièmement, si des changements rétro-incompatibles sont ajoutés tels que des modifications aux API ou aux structures de données, ils seront certainement moins colossaux que ceux que nous avons vus entre les versions 7 et 8, ce qui présage une mise à jour beaucoup plus aisée.

Sources
Dries Buytaert, Driesnote, DrupalCon Dublin 2016
Gábor Hojtsy, Checking on Drupal 8’s rapid innovation promises, DrupalCon Dublin 2016

Des nouvelles du projet LDAP Tool Box, la boîte à outils pour les annuaires LDAP

Le projet LDAP Tool Box rassemble différents outils pour aider les administrateurs LDAP, que ce soit des paquets OpenLDAP, des scripts de supervision ou encore des applications Web. L’objectif est de simplifier la vie des administrateurs LDAP, car comme l’indique la description du projet :

Même les administrateurs LDAP ont besoin d’aide

Tous les outils proposés sont sous licence libre et disponibles sur GitHub.

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Des greffons de supervision sont fournis pour Nagios (ou tout autre logiciel compatible) et Cacti. Ils permettent par exemple de vérifier le statut de la réplication OpenLDAP, de collecter les statistiques sur les opérations LDAP ou encore surveiller le taux de remplissage d’une base MDB.

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Des configurations sont également disponibles pour la pile logicielle ELK (ElasticSearch, Logstash, Kibana) afin de tracer en temps réel l’utilisation des annuaires OpenLDAP.

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Paquets OpenLDAP

OpenLDAP est le serveur LDAP le plus répandu, très proche du standard et offrant d’excellentes performances. Il est présent dans la plupart des distributions GNU/Linux mais celles-ci font souvent des choix de compilations non avalisées par les développeurs du projet, l’exemple le plus représentatif étant la bibliothèque SSL/TLS.

Le projet LDAP Tool Box fournit des paquets pour les environnements Debian/Ubuntu et Red Hat/CentOS. Ils sont compilés avec OpenSSL et embarquent les overlays officiels ainsi que certains overlays contribués comme « lastbind » et « smbk5pwd ».

Ils offrent également des modules spécifiques de gestion de la qualité des mots de passe comme check_password et ppm. Un script de gestion du service est installé par défaut, permettant les sauvegardes/restaurations des données et de la configuration.

Interface de gestion du mot de passe

L’application Self Service Password permet de fournir aux utilisateurs une interface simple pour changer son mot de passe, ou le réinitialiser quand celui-ci est perdu (ou expiré). Cette réinitialisation peut se faire :

  • Par un lien envoyé par mail
  • Par un code envoyé par SMS
  • Par la réponse à une question

Cette interface est compatible avec différents annuaires LDAP dont Active Directory et Samba 4.

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La version 1.0 de ce logiciel est sortie en octobre 2016 (voir l’article sur LinuxFR).

Interface de consultation des données

L’application White Pages est une interface de consultation des données d’un annuaire LDAP, avec les fonctionnalités suivantes :

  • Recherche rapide : une invite de recherche dans le menu permet de retrouver directement des entrées à partir du nom, du prénom, du mail ou de l’identifiant
  • Recherche avancée : un formulaire liste les différents attributs sur lesquels une recherche peut être faite
  • Trombinoscope : toutes les entrées de l’annuaire sont affichées avec leur photo

Ces fonctions peuvent être activées/désactivées et les attributs cherchés ou affichés sont configurables. L’interface peut donc être utilisée avec n’importe quel annuaire LDAP.

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La version 0.1 de ce logiciel est sortie en novembre 2016 (voir l’article sur LinuxFR).

Le graphisme libre à l’honneur au Grafik Labor 2016

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Première conférence 100% francophone sur les logiciels libres en graphisme, Grafik Labor a réuni à Rennes des férus de création libre en juillet dernier.

En tant qu’intégrateur web œuvrant dans le libre, il faut parfois faire des compromis avec les designers sur le choix d’applications dans la création de maquettes. La grande majorité des designers travaille avec des logiciels propriétaires, nous obligeant ainsi d’avoir accès à ces mêmes logiciels. Certaines applications libres sont compatibles mais pas toutes. Heureusement, il y a un effort soutenu pour continuer d’améliorer les logiciels libres en graphisme. Un effort que je suis allé observer de plus près cet été lors d’une conférence dédiée aux outils et aux productions libres de graphisme et de création visuelle.

C’est à Rennes, la porte d’entrée de la Bretagne, que se sont réunis des passionnés de logiciels libres de graphisme pour la première conférence intitulée Grafik Labor. Organisé par l’Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL)*, la conférence a pour but de réunir des professionnels du graphisme qui œuvrent avec des logiciels libres et les développeurs qui y contribuent.

Elisa de Castro Guerra et Cédric Gémy, organisateurs de l’événement, participent depuis longtemps aux conférences Libre Graphics Meeting (LGM), principale rencontre internationale autour du graphisme libre. Grafik Labor nous offre donc une conférence dans le même esprit que LGM, 100% en français, dans les bureaux de ActivDesign au coeur de Rennes.

Scribus  et Blender sous la loupe

La conférence a débuté avec des présentations à propos de Scribus, un logiciel de publication sur ordinateur de bureau. Contrairement aux présentations de logiciels propriétaires, celles du libre n’ont rien à vendre. On assiste donc à une discussion franche et spontanée. Le premier présentateur, Ale, témoigne ouvertement des forces et des faiblesses du logiciel. La version stable, date un peu, certes, mais elle est tout de même plus simple à utiliser en production, alors que la version instable offre plus de fonctionnalités, même si, en contrepartie, elle contient plus de bogues.
Selon Ale, bien que Scribus puisse faire tout ce dont on a besoin pour faire de la mise en page, l’outil n’est pas encore aussi rapide que son alternative propriétaire. En revanche, si l’on souhaite éviter les contraintes de logiciels propriétaires, Scribus peut nous permettre de réaliser des produits de qualité, comme le prouve la seconde présentation.

L’équipe de Gargarismes, un journal local indépendant, est venue nous présenter leur publication montée entièrement avec Scribus. La présentation graphique éclatée à la une de leur journal démontre clairement les possibilités qu’offre cet outil entre les mains d’esprits créatifs. Gargarismes se décrit comme « un canard de critique sociale rennais ». La publication a deux ans, prouvant les capacités de cette application dans un contexte de production. Scribus leur permet de réaliser leur vision pour le numéro en cours, de produire un fichier en format PDF qui vectorise tous les textes afin de permettre à l’imprimeur de livrer un produit fidèle au fichier original.

The Encounter, court-métrage du collectif toulousain RGBa

Blender était impossible à manquer lors du Grafik Labor. Les présentations sur cette application nous en ont mis plein la vue! Outre la diffusion d’un court métrage et d’ exemples tangibles d’impression 3D, il y a eu une démonstration en direct d’un jeu vidéo. De plus, une seconde salle était réservée à des ateliers de perfectionnement sous la tutelle des experts. Blender compte parmi des logiciels les plus connus du graphisme libre, cependant peu de gens le maîtrisent. Il reste toujours quelque chose à découvrir dans ce véritable couteau suisse de la 3D. Plus connu comme un outil de production cinématographique 3D, il permet aussi de concevoir des jeux vidéo. On peut également créer des objets de tout genre, prêt pour l’impression 3D. Non seulement cette application permet de réaliser des projets en tout genre, mais son interface sert souvent de modèle pour d’autres applications graphiques.

Des outils libre au service des créateurs

Il fut intéressant pour moi de voir les différents niveaux de connaissances techniques des participants à Grafik Labor. Les développeurs apprenaient à mieux comprendre comment les utilisateurs se servent de leurs applications, les utilisateurs apprenaient à leur tour comment contribuer à l’amélioration des logiciels en les testant et en rédigeant des rapports de bogue. Dans cet esprit, les développeurs ont besoin de savoir quelles sont les nouvelles fonctionnalités nécessaires aux utilisateurs afin que ces derniers réalisent leurs travaux de manière optimale. Chaque personne impliquée dans l’écosystème de la création d’applications y apporte son grain de sel.

En pratique, ce n’est pas toujours aussi rose. Quelquefois, les différences entre les personnes, les conflits entre des personnalités peuvent pousser certains à cesser leur participation à un projet. Les artistes qui tentent d’apprendre à coder ont souvent une bonne courbe d’apprentissage avant de pouvoir fournir des lignes de programmation prêtes pour la production. Or, certains développeurs n’ont pas nécessairement la patience pour aider ces néophytes en programmation. De l’autre côté du miroir, les développeurs créent des interfaces visuelles qui ne sont pas perçues comme à la fine pointe du design et ces interfaces peuvent être vues avec dédain par ceux qui sont justement habitués à un design moderne. C’est avec persévérance, patience et compassion que nous allons relier ces deux entités et ainsi mettre en valeur nos forces en tant que communauté pour nous surpasser.

Si les logiciels libres en graphisme agissent comme catalyseurs, la finalité de leur utilisation réside dans la création, l’imagination, et le fruit du travail de tous. Le meilleur moment de cet atelier, c’est la fin de la journée dans les locaux d’ActivDesign, lorsque les lumières s’éteignent et tous les yeux sur l’écran sont rivés, pour visionner une collection de films produits entièrement à l’aide de logiciels libres.

L'équipe de Grafik Labor, 2016
Grafik Labor 2016
L'AFGRAL
L'Association francophone de Graphisme Libre (AFGRAL) est connue principalement pour ses formations et ses multiples publications de documentation sur diverses applications libres, souvent développées durant des sprints réguliers rassemblant une équipe de passionnés.

La Blockchain, un outil révolutionnaire pour Ring

par jvailhe

social-network-sphereLa blockchain, un instrument que d’aucuns qualifient de révolutionnaire, risque bien de changer profondément les structures d’une société verticale. Ring s’en sert pour développer son annuaire de manière sécurisée et décentralisée.

La blockchain, ou chaîne de bloc, est la technologie qui sous-tend le Bitcoin, cette crypto-monnaie digitale, qui attise autant les inquiétudes que les convoitises du secteur financier.

Mais, au-delà du Bitcoin, le blockchain recouvre d’autres possibilités grâce à son fonctionnement décentralisé, anonyme et sécurisé. Et il soulève des enjeux de gouvernance à même de bousculer la conception des organisations. C’est d’ailleurs l’un des thèmes abordés lors de l’Open Source Summit de Paris les 16 et 17 novembre prochains.

Une société décentralisée, sans tiers de confiance

Ses promoteurs n’en ont aucun doute : la technologie blockchain sera un changement aussi important que l’invention du World Wide Web. Car elle porte en elle un projet d’une société décentralisée, où la notion même des tiers de confiance sera bouleversée, voire vouée à disparaître.

La blockchain fonctionne comme un grand livre comptable public, qui enregistre toutes les transactions passées entre les acteurs, constituant ainsi une base de données que partagent tous les utilisateurs. Leurs identités sont systématiquement vérifiées par une combinaison de clés publiques et privées. Les transactions sont regroupées en un bloc, qui sera crypté et certifié par les nœuds du réseau – les autres utilisateurs appelés mineurs- puis ce bloc sera ajouté à la chaîne de blocs, distribuée à tous les acteurs.

Trois notions fondent les principes de la blockchain : la désintermédiation, la traçabilité et le consensus distribué. Les utilisateurs organisés en nœuds décentralisés agissent comme autorité de validation, d’autant que les transactions sont retraçables dans le registre public et partagé. Le consensus distribué réside dans le fait que chaque nœud reçoit la même chaîne d’informations horodatées via ce grand livre de compte, et chaque modification doit être approuvée par la majorité des participants.

Née de la rencontre entre la cryptographie et les réseaux décentralisés, la blockchain a poussé sur le terreau politique et économique de la crise de confiance envers le système bancaire en 2008. Outre le Bitcoin, fondé par le très mystérieux Satoshi Nakamoto, plusieurs architectures dites trustless se mettent en place, dont celle d’Ethereum. Cette fondation à but non lucratif, reprend les mécanismes de la blockchain, le registre de comptes identifiés et l’historique infalsifiable pour faire exécuter n’importe quel type de code, appelé «smart contract».

La blockchain, maillon essentiel de l’annuaire de Ring

À partir de cette technologie Ethereum, l’équipe de Savoir-faire Linux a fait appel à la blockchain pour constituer sa base de données avec des garanties cryptographiques. Le smart contract est alors le registre de noms publics, associant ceux-ci aux RingID, originellement créées par l’application. Comme dans toute blockchain, «chaque maillon dépend des éléments précédents pour garantir l’infalsifiabilité de la base de données» nous explique Adrien Béraud, ingénieur système, responsable de la bibliothèque de table de hachage distribué OpenDHT.

L’utilisation de la blockchain dans la création d’un annuaire de clés publiques répond ainsi à plusieurs objectifs de Savoir-faire Linux : préserver l’aspect de réseau distribué que représente Ring, garantir la sécurité avec les clés cryptographiques et de laisser à l’utilisateur la liberté de s’inscrire sur ce bottin. «Cette option passe par la possibilité de ne pas s’enregistrer sur la base de données et conserver seulement son RingID pour communiquer sur le réseau » détaille Adrien Béraud.

L’écriture du contrat est la clé du succès. L’utilisation de l’annuaire décentralisé sera toujours optionnel, il sera donc possible de garder le pseudo-anonymat d’un RingID non-associé à un username ». Après avoir analysé les erreurs ou les failles des contrats antérieurs, l’équipe de développement de Ring chez Savoir-faire Linux s’applique à «écrire un code au design simple, avec une grande minutie». De plus, les fonctionnalités seront limitées dans un premier temps, par exemple la possibilité de changer les noms d’utilisateurs et de les échanger ne sera pas disponible à l’heure actuelle.
«Nous nous concentrons également sur une procédure d’assurance qualité rigoureuse, de la révision de code et nous comptons enfin sur les contributions extérieures» conclut-il.

Vous voulez contribuer au succès de Ring ainsi qu’au développement de la philosophie blockchain, venez faire du code avec nous!

Références

Comprendre la blockchain, Livre blanc, licence Creative Commons, U, janvier 2016
Privacy on the Blockchain, Vitalik Buterin, Ethereum Blog, 15 janvier 2016
Les smart contracts pour les non développeurs, Blogue Ecan, 23 juin 2016
The Revolution will (not) decentralised: Blockchains, Rachel O’Dwyer, Commons Transitions, 11 juin 2016
Thinking through Law and Code – The future of State and Blockchain, Julian Feder, Backfeed magazine, 17 janvier 2016
Code is Law, Lawrence Lessing, Harvard Magazine, 1er janvier 2000
Blockchain reaction, tech companies plan for critical mass, Ernst & Young Report, 2016
Lexique de la blockchain, Blockchain France